Le poids d’une vie -1

12 janvier 2018

Cet article, ça fait un moment que je vous le promets. Que je me le promets aussi.

Alors, rassurez-vous, je vais m’en tenir à ma résolution de 2018 (prise suite à plusieurs de vos commentaires sur mon best of 2017) et ne pas m’excuser de le publier seulement aujourd’hui alors que je vous en parle depuis des mois… Je ne vais pas m’excuser de vous avoir fait tant attendre pour une raison toute bête : je n’aurais pas pu l’écrire avant ! C’est le genre d’articles qui vient quand il vient, et pas sur commande. Le genre d’article qui jaillit tout seul, et qui libère d’un poids.

Alors c’est vrai, à la base, je comptais vous raconter tout ça seulement après avoir enfin retrouvé mon poids d’avant-grossesse.

Mais ça fait bientôt deux ans que j’ai accouché et la balance m’indique toujours des kilos en trop !

Alors tant pis, je ne repousse plus et je vous raconte tout aujourd’hui.

Cet article, je l’écris donc en sachant qu’il sera inachevé, en sachant qu’il reste encore plusieurs chapitres à écrire (et surtout un tant attendu épilogue !), pour que le récit consacré à mes prises/pertes de poids soit complet.

Cette « histoire » sera donc en 3 parties.

Une aujourd’hui, une demain, et l’autre dans 6 mois.

Oh, ne vous inquiétez pas, je ne suis pas naïve, je sais bien que l’histoire du rapport qu’on a avec son corps et son image, c’est l’histoire d’une vie et qu’on ne saurait la réduire à 2 ou 3 articles, même très très longs. Mais pour l’instant, on va se contenter d’une rétrospective des deux dernières années et un objectif pour les 6 prochains mois, c’est déjà pas mal, non ?

Vous verrez, j’ai fait des petits chapitres chronologiques pour rendre la lecture un peu plus fluide (et pour m’aider à structurer ma pensée aussi… car j’ai tellement de choses à vous écrire, je crains qu’on ne batte le record de mon post le plus long !!!!)

Et puis comme ça, celles qui ne sont pas intéressées par mes histoires de grossesse et d’allaitement peuvent passer directement aux chapitres qui les intéresseront plus sur mon parcours pour essayer de venir à bout de mes kilos en trop et surtout lire mon article de demain !

Si j’ai repoussé l’écriture de cet article, c’est aussi, ne nous le cachons pas, parce que j’appréhende un peu de devoir me mettre à nu pour vous raconter mon parcours.

La preuve ? J’en suis pas encore à l’intro et déjà je tourne autour du pot. Ça promet !

Autant dire que je compte sur votre bienveillance comme jamais et que j’espère que certaines personnes ne vont pas en profiter pour appuyer là où ça fait mal.

Chaque histoire est personnelle, et la mienne ne prétend pas à l’universalisme. C’est juste mon histoire, vue de mon nombril, en toute subjectivité. Je n’ai pas d’autre prétention que de vous faire part de mon vécu. Je ne vous vends rien, je ne souhaite absolument pas vous influencer, loin de moi l’idée de vous mettre au régime ou à l’inverse de vous inciter à prendre trop de poids pendant votre grossesse.

Je vais juste vous raconter, sans filtre, les évolutions de ma balance depuis l’été 2015.

Allez, on se lance ?


Introduction : un complexe lourd à porter

D’aussi loin que je me souvienne, je me suis toujours trouvée trop ronde. Je n’ai jamais vraiment eu de problème de poids mais j’ai toujours eu un problème avec mon poids.

J’ai grandi avec, patafixé aux lambris de ma chambre, en face de mon lit, un grand  poster (récupéré dans une parfumerie ?) de la mythique campagne CK one du début des années 90. Vous savez, cette affiche en noir et blanc avec ces hommes et ces femmes (dont la jeune Kate Moss) en jean et marcel.  Je ne sais pas si tout vient de là ou s’il ne s’agit que d’une anecdote de psychologie de comptoir, mais je crois que j’ai construit mon idéal de beauté en regardant ces corps androgynes et super minces.

Comme je me suis très jeune intéressée à la mode et aux magazines féminins, je crois que j’ai été nourrie de ces images d’une morphologie « parfaite » à laquelle je n’étais pas génétiquement prédisposée.

C’est comme ça que je me suis construit, dès l’adolescence, une relation pas du tout saine à l’alimentation (à culpabiliser dès que j’écoutais mon appétit) et pas du tout bienveillante envers mon reflet dans le miroir. J’ai même fait quelques épisodes de TCA mais je n’ai pas envie d’en parler. Il y a prescription et c’est un sujet bien trop grave pour ne faire l’objet que d’un paragraphe sur un blog.

À ce sujet, si vous-même ou un proche souffrez d’un trouble du comportement alimentaire, je vous encourage à ne pas chercher la réponse à vos questions sur internet, que ce soit sur des blogs ou des forums où tout est beaucoup trop subjectif et rarement transposable. Je vous encourage à en parler à un professionnel de santé (un médecin traitant ou une infirmière scolaire par exemple) qui pourra vous orienter et vous aider à faire face bien mieux que Google. Vous pouvez aussi appeler le 0810 037 037 qui est complètement anonyme.

J’ai donc commencé à cet âge à faire le yoyo, et depuis une douzaine d’années, je n’ai fait que ça.

Je me suis vite rendu compte que le coup des « 1 de perdu, 10 de retrouvés » ça marchait beaucoup mieux pour les kilos que pour les mecs.

À chaque régime, à chaque prise de poids (vie étudiante et fin de mois pâtes au beurre, erasmus, stress professionnel, arrêts successifs de la cigarette, 2 ans à New York), je me détestais un peu plus.

C’est super paradoxal, les gens croient toujours que les blogueuses mode se surkiffent et qu’il doit falloir beaucoup de confiance en soi et d’ego pour faire de son image son boulot. Les blogueuses de qui je suis le plus proche sont comme moi : aux antipodes de cette idée !

D’ailleurs, en ce qui me concerne, la création de mon blog n’est sûrement pas étrangère à ce complexe de ne pas ressembler aux filles des magazines. N’est-ce pas ce qui a permis au départ aux blogs d’avoir de belles communautés ? Justement, le fait que ces « magazines en ligne » étaient animés par des filles comme tout le monde, des « girls next door » qui n’étaient pas faites sur le moule des mannequins ?

Je parle au passé car si moi j’ai grossi pendant ces 8 ans de blogging, la tendance est plutôt à l’amincissement et globalement, les blogueuses les plus célèbres et les plus suivies ont souvent des corps auxquels il est au moins aussi difficile de s’identifier qu’à ceux des modèles rachitiques de la pub CK one de ma chambre de pré-ado.

Je me dis d’ailleurs souvent que ce monde virtuel est un vrai enfer pour les jeunes filles et les femmes en quête d’estime de soi. Je pense que mon poster Calvin Klein est en fin de compte tristement inoffensif comparé au pouvoir tentaculaire de ce petit miroir noir qui nous renvoie constamment des images de perfection, des vacances de rêve et des bikini body challenges, auxquels il est bien difficile de comparer nos quotidiens « offline ». Je n’ose imaginer les dégâts que ça va faire sur toute une génération de jeunes filles.

Et c’est d’ailleurs aussi un peu ça qui me donne la force d’écrire cet article. Je me dis qu’au moins, les quelques personnes qui le liront verront peut-être les « filles parfaites » d’instagram autrement.

L’herbe n’est que très rarement plus pailletée chez le voisin. Si elle brille plus, c’est juste parce que vous la voyez de loin et que votre voisin maîtrise mieux l’éclairage et la mise en scène que vous.

Mais je m’éloigne une fois de plus du sujet. Il va bien falloir que je vous en parle, de ces foutus kilos.


Chapitre 1 :

REGIME FROMAGE & CHOCOLAT pour fabriquer mon petit suisse

Automne-hiver 2015-2016 : La prise de poids

Je pense qu’un peu inconsciemment, quand je suis tombée enceinte, j’avais envie que ça se voit vite. J’avais hâte que les gens comprennent au premier regard que je portais un enfant. Peut-être un peu parce que j’ai mis du temps à moi-même réaliser et que je pressentais que ça m’aiderait de le voir dans le regard des autres.

Le regard des autres, encore lui.

Et puis j’avais faim tout le temps, je n’ai pas eu la malchance / la chance d’avoir des nausées au 1er trimestre, ce qui permet à celles qui en souffrent de perdre quelques kilos en tout début de grossesse.

Au début, bien sûr, j’étais super motivée, j’ai lu des trucs, je me suis fait des menus, avec des aliments riches en acide folique, comme me l’avait recommandé ma gynéco, histoire de participer au développement du bébé. J’ai fait les listes de choses à bannir (adieu la charcuterie, bye bye les burgers saignants, sayo nara les sushis chéris, etc.), j’étais devenue incollable sur les fromages lait cru / pasteurisé (avec la subtilité suisse du lait thermisé). Moi qui déteste les interdictions…

J’avais tellement faim. J’ai vite déraillé.

Et puis j’avais cette petite voix qui me soufflait « ne culpabilise pas, si tu as faim, il faut manger, tu es en train de fabriquer un petit bébé, c’est normal, ça creuse !« . Je n’ai pas trop écouté les conseils de ma gynéco qui s’alarmait de me voir grossir au fur et à mesure des visites mensuelles. Mais comme tout se passait bien pour le futur baby, et que je n’ai pas fait de diabète gestationnel (alors que ma prise de kilos dès le début le laissait présager), il n’y avait rien de « dangereux » donc elle a arrêté de me dire quoique ce soit.

J’ai passé l’hiver à manger des fondues moitié-moitié (ah la Suisse !), du bon chocolat et des viennoiseries trempées dans du lait chaud. Je me suis pas vraiment vu grossir. Mon ventre oui, je le voyais bien, il était difficile à rater, d’ailleurs il m’a vite empêchée de lire les chiffres sur la balance…! J’avais le visage bouffi, mais je me rassurais en me disant que ça va avec la grossesse. Même les filles qui ne prennent pas un gramme en étant enceintes sont rarement épargnées par ce que les gens appellent gentiment « avoir bonne mine » pour éviter de te dire que ton visage paraît un peu gonflé (et il l’est… merci la rétention d’eau !). Gonflé, c’est le mot. J’étais gonflée, de partout, j’ai même eu le droit aux fameuses « pregnancy lips » dont j’ai découvert l’existence après une recherche sur Google pour comprendre pourquoi j’avais l’air d’avoir la bouche botoxée (merci Kim K pour ton éclairage sur la situation !) : encore une fois, rétention d’eau… mais bien placée ! Car si je regrette parfois un peu ma bouche de pin up, inutile de vous dire que mes orteils transformés en knacki balls ne m’ont jamais manqué ! Et aux mains c’était pas vraiment mieux, je ne pouvais même plus enfiler mes bagues sur la fin, c’est dire. Mais ça c’était sur la toute fin. Sinon, je ne me suis pas vue grossir. J’ai dû m’enfouir la tête dans le sable comme une autruche, je n’ai pas vraiment vu le truc.

Je crois aussi qu’avec le recul, pendant ces 9 mois, malgré les kilos, l’inconfort de ce ventre, les petits soucis de circulation de sang, de remontées acides et d’envie de s’en griller une avec un mojito et des sushis, malgré tout ça, pour la première fois de ma vie, j’aimais bien mon corps. Pas son reflet dans la glace mais je trouvais que cette silhouette difforme de bonheur, avec un ballon de baudruche qui gonflait semaine après semaine, elle avait quelque chose de magique. Et puis même si au fond de moi je savais bien que les kilos s’amoncelaient dangereusement, j’étais bien dans ma peau pour la première fois, un sentiment agréable et inédit que je n’allais pas venir gâcher avec la culpabilité de manger un peu (beaucoup) trop.

Manger sans culpabilité, c’était tout nouveau pour moi. J’en ai un peu trop profité.

À la toute dernière pesée, une semaine avant la naissance de mon loulou, le verdict m’a fait vaciller.

Je me suis pris le truc comme une violente claque.

Pan. Dans les dents.

KO.

Je ne l’ai jamais dit ou écrit ici et ça me fait encore très très peur de vous révéler combien de kilos j’ai pris pendant ces neuf mois. Je suis toujours restée vague en parlant de « bien trop nombreux kilos de grossesse » mais je n’ai jamais réussi à écrire le chiffre.

Sur la balance de la maternité, une semaine avant la naissance de mon fils, je me suis rendu compte que j’avais pris…

27 kilos ! oui oui, 27, vous avez bien lu. 3 kilos par mois tout pile.

J’ai coutume de dire que j’ai pris 30 kilos, j’ai arrondi.

Et puis, je ne me suis pas pesée pendant longtemps après cet horrible épisode, mais comme j’avais encore beaucoup gonflé entre cette pesée cauchemardesque et mon accouchement, donc j’avais sûrement encore pris un peu plus.

Et puis je préfère les chiffres ronds donc je suis partie dans l’idée que j’avais pris 30 kilos.

30 kilos.

Presque 10 fois le poids de mon loulou à sa naissance.

30 kilos.


Chapitre 2 :

J’ai fait un DÉNI DE GROSSE

 Février-Mars 2016 : La prise de conscience 

Il y en a qui font un déni de grossesse, moi j’ai fait un déni de grosse.

Je vous jure, je sais bien que c’est bizarre avec une pesée mensuelle chez la gynéco (qui disait  « + 3 » avec un ton accusateur presque tous les mois… j’avais jamais additionné…), et avec tout ce que je m’envoyais (petit dej, dej, goûter, dîner, grignotage devant série), avec l’absence d’activité physique, mais je me suis vraiment pas rendu compte.

Je ne voyais que mon ventre, mon futur bébé, et cette sensation de bien-être, au demeurant complètement contradictoire vu à quel point il est objectivement inconfortable d’être enceinte et de prendre autant de poids en si peu de temps.

C’est sur des photos prises avec les grands-parents de mon fils venus nous rendre visite juste après la naissance que je me suis rendu compte de l’étendue des dégâts.

C’est sur ces clichés, quelques jours après la sortie de la maternité, que le chiffre abstrait de 30 kilos a pris tout son sens.

Je me suis vue sur les photos, et je me suis trouvée horriblement grosse.

Ma tête s’est mise à tourner, et j’ai éclaté en sanglots.

La première crise de larmes liée à ces 30 kilos en trop.

La première crise de larmes d’une longue série.


Chapitre 3 :

La vache à lait

 Printemps 2016 : La prise de tête et la perte de repères

Je pense que le plus dur quand on a un tout petit bébé et qu’on vient tout juste de réaliser qu’on a pris 30 kilos alors même qu’on s’est depuis toujours trouvée trop grosse, ce sont les mamans qui en rajoutent quand tu leur confies que tu as pris beaucoup de poids, espérant naïvement un peu de connivence, ou un conseil, a minima un brin d’empathie. « oh nan, moi j’ai pas pris un gramme ni pour Emile ni pour Jade. À peine sortie de la maternité je remettais mon jean préféré, tu sais mon slim déniché chez zara en taille 16 ans quand on était étudiantes !« . Envie de meurtre. Ces mamans-là, celles que certains appellent des MILF, moi je les appelle les MILK*, les Mothers I’d LOVE to KILL.

En parlant de « milk », j’ai fait le choix d’allaiter mon fils. On m’avait dit que ça aidait à perdre du poids. Heureusement que ma motivation pour allaiter était toute autre, sinon j’aurais été super déçue. En fait, ça aide surtout à retendre et à replacer l’utérus plus vite, grâce aux hormones et aux contractions qu’elles suscitent, donc oui, si on a pris 1 kilo et demi de ventre, allaiter doit suffire à retrouver un ventre plat en quelques jours. Mais quand on a pris 30 kilos, c’est une autre paire de manches.

J’ai allaité 7 mois.

J’ai adoré allaiter et je recommencerais sans hésitation si j’ai d’autres enfants. C’est une des expériences les plus folles de ma vie.

Et pour quelqu’un qui n’aime pas son corps, se rendre compte avec le recul que ce dernier est capable de donner la vie, puis de nourrir et faire grandir un tout petit individu pendant des mois, ça fait relativiser.

D’un coup, ton corps, tu ne le détestes plus vraiment, tu en es un peu fière.

Et puis là, je concentre volontairement mon récit sur la partie « kilos / estime de soi », puisque c’est le sujet de l’article, mais la maternité, c’est bien plus que ça, vous vous en doutez. C’est un chamboulement total de devenir maman. Bien sûr, ça va bien au delà d’une histoire de kilos. Tout change. Il y a tellement d’amour, c’est indescriptible.

Mais sur le moment, c’est une cacophonie interne pleine de paradoxes et de sensations contradictoires. Pas juste un air de violon romantique.

J’avais parfois cette impression d’être une vache, une grosse vache d’ailleurs, une grosse vache à lait, avec des mamelles énormes. Un animal engraissé dont la seule fonction était d’être une usine à lait pour satisfaire aux besoins de sa progéniture.

Vous me trouvez dure avec moi-même ? Moi aussi.

Dans ma tête, je m’auto-qualifiais avec des termes bien plus blessants que celui de « grosse vache ». Des termes que jamais je n’utiliserai pour parler de quiconque. Ce serait bien trop méchant. Je suis pas de nature méchante, je déteste blesser les gens. Ma meilleure défense n’est pas l’attaque. Je préfère être blessée que blesser. Mais pour parler de moi et de ce corps que je ne connaissais pas vraiment, faut croire que ça ne me dérangeait pas trop d’employer des termes violemment méchants. Ou alors, j’avais justement besoin de me blesser ? Bref, on n’est pas sur le divan d’un psy.

Et je m’éloigne du sujet.

Pendant les 3 premiers mois qui ont suivi la naissance de l’amour de ma vie, j’ai donc perdu les 10 premiers kilos. Je ne saurais pas vous dire combien j’ai perdu juste avec l’accouchement et la diminution progressive de la rétention d’eau, car il m’a fallu 3 mois avant de trouver le courage de remonter sur une balance. Je dirais probablement 5 kilos en accouchant, et 5 kilos en plus avec la fatigue des débuts et du déménagement de Suisse vers l’Allemagne.

Pendant les 4 mois qui ont suivi, il ne s’est plus rien passé sur la balance. Je mangeais plutôt équilibré, c’est important en plein allaitement. Mais j’avais assez peu d’activité, déjà je travaille à la maison donc pas de trajets pendulaires, mais en plus, avec un bébé qui alterne siestes et tétées pendant ces premiers mois, je me contentais de quelques petites balades, histoire de me dégourdir les jambes et de faire prendre l’air à mon loulou.

Cette phase de stagnation m’a fait perdre espoir et c’était pas facile à vivre.

Parallèlement, je ne vous cache pas que chaque shooting, chaque tri de photo, chaque publication d’instagram, chacune de ces tâches où je me retrouvais face à mon image pour continuer à publier ici s’est faite dans la douleur. C’était vraiment très dur.

Et aussi, à y repenser après coup, c’était vraiment très courageux.

Et salvateur. Salvateur car c’est l’envie d’alimenter ses pages qui m’a poussée à continuer à prendre un peu soin de moi, à me maquiller de temps en temps pour retrouver une allure humaine et dissimuler mes cernes de zombie. Et aussi à acheter des vêtements alors que je ne rentrais dans aucune de mes anciennes fringues.

En parlant de fringues, avec encore 20 kilos post grossesse au compteur, inutile de vous dire que nombre de marques avaient disparu du champ des possibles. Toutes ces marques qui vont soi-disant jusqu’au 42 (qui n’est bizarrement jamais dispo) et dont le 40 a plutôt les proportions d’un petit 38. Toutes ces marques qui n’osent pas assumer clairement qu’elles sont destinées aux femmes minces uniquement. Ça n’aide pas à s’aimer quand tu peux pas porter les fringues que tu aimes. Mais c’est un autre débat.

À cette période, j’avais perdu tous mes repères. J’étais perdue. Je ne savais pas ma taille, je savais pas comment m’habiller, comment « m’arranger ». Je ne savais pas comment gérer mon mal être intérieur en contradiction avec l’épanouissement que me procurait mon nouveau rôle de maman.

Car précisons-le tout de même. Je me détestais physiquement c’est certain, mais je n’étais pas « malheureuse ». Devenir maman, c’est sans aucun doute le plus grand bonheur d’une vie. L’amour que j’ai pour mes deux hommes me suffisait, je n’avais pas besoin de m’aimer moi. Je remue les mauvais souvenirs dans cet article, mais ne perdons pas de vue que ces mois furent intenses de bonheur avant tout.

Bilan de ces 7 mois : 1 tiers de perdu. C’est beaucoup et c’est tellement peu 1 tiers. J’avais perdu 10 kilos. Mais il m’en restait 20. 20 kilos ! 2 fois ce que j’avais perdu et une progression au point mort depuis 4 mois… Pas très encourageant…

Parenthèse « fouillons dans les archives » : À cette époque, je vous avais confié mon mal-être et mes astuces pour essayer de regagner un peu confiance en moi dans un article intitulé « Mon body de Maman« . Je vous avais aussi parlé de mes complexes et de mon difficile rapport aux photos suite à ma prise de poids dans un look qui s’appelait « Mum Jeans, etc.« . (de revoir les photos, si longtemps après, je me rends un peu compte du chemin parcouru et ça ferait presque du bien ! Sentiment hélas trop vite effacé par le dégoût que je m’inspire sur ces vieilles images et cette question « comment ai-je pu publier ça ? »… Pour être complètement franche avec vous, remuer tous ces mauvais souvenirs en vous rédigeant cette rétrospective, me remettre dans mon état d’esprit de l’époque pour retranscrire le plus fidèlement possible mon parcours, me replonger dans mes archives pour me rappeler où j’en étais dans mes kilos, et bien c’est pas très agréable !).


Chapitre 4 :

LE TIERS PAYANT

Automne 2016 : La reprise en mains

Quand mon loulou a commencé la crèche, j’ai pu recommencer à penser un peu à moi. 40 minutes de marche par jour (l’aller-retour pour aller le chercher le soir) et un peu d’effort sur l’alimentation. J’ai coutume de dire que quand mon fils a fait sa diversification alimentaire, moi j’ai fait ma rééducation alimentaire ! J’ai recommencé à marcher quand il a fait du 4 pattes.

La chute hormonale de fin d’allaitement (j’ai perdu tellement de cheveux, c’était un cauchemar !) et le retour des règles ont probablement un peu aidé et j’ai perdu le 2ème tiers entre septembre et février.

Dans ma tête, j’ai coutume d’appeler ce tiers du milieu le « tiers payant », parce que j’ai eu l’impression de me retrouver un peu. Il m’aura fallu attendre d’avoir perdu 20 kilos sur les 30 pour me sentir un peu mieux, pour envisager la suite avec un peu d’espoir, pour me rendre compte que c’était possible et que j’allais peut-être y arriver.

 


Chapitre 5 :

PAS LE TEMPS DE MANGER

Hiver-Printemps 2017 : La perte de poids

C’est suite à la publication de mon article « À l’action ! » que j’ai décidé de m’attaquer à ce tout dernier tiers.

Au final, je n’ai pas fait grand chose de ce que j’avais annoncé dans cet article (je n’ai jamais rappelé la coach physiothérapeute qui était venue à domicile me donner des conseils et je ne me suis toujours pas mise au sport…), mais j’ai quand même réussi à perdre plusieurs kilos avant l’arrivée de l’été.

Je me suis concocté des petits menus bio basés sur les principes de l’alimentation « paléo » prônée par cette coach. C’était une routine alimentaire facile et gourmande, et je m’accordais des jokers, seul moyen de la faire durer un peu. J’ai senti que ça agissait sur moi comme une détox, et que ça faisait du bien à mon organisme. J’ai retrouvé la sensation de satiété, oubliée depuis des mois et des mois.

Ce fut aussi le moment de ma « renaissance capillaire » dont je vous parlais dans mon bilan/best of 2017 ! J’ai recoupé ma frange que j’avais décidé de laisser pousser pendant ma grossesse justement. C’est un peu comique mais je crois que ce passage chez le coiffeur a été un vrai déclic pour me réapproprier mon image. Le retour à la frange, ça m’a permis d’une part de me reconnaître à nouveau, mais aussi de faire le deuil de ma silhouette d’avant mon loulou.

J’ai perdu, entre le premier anniversaire de mon fils et le début de l’été, 6 kilos.

Sainement au début avec cette alimentation « paléo », puis pas très sainement du tout…

C’est tout simple, le printemps 2017 a été tellement chargé que je n’ai pas eu le temps de voir les mois passer, et souvent, pas le temps de manger. Je me rendais compte plus d’un jour sur deux, au moment d’aller chercher mon fils à la crèche à 16h30 que je n’avais pas déjeuné. J’étais super stressée aussi, et forcément, quand ton estomac fait des noeuds tout seul, tu as moins faim.

Et puis la privation de nourriture et les kilos qui descendent sur la balance, c’est super grisant. C’est même biologiquement explicable : quand on prive son organisme de nourriture,  le cerveau secrète des endorphines.

Et puis j’étais plus qu’à 4 kilos de mon poids d’avant la grossesse ! 4 kilos ! Je venais d’en perdre 26 donc j’étais assez confiante pour les 4 restants.

J’étais sûre qu’à la rentrée, ce serait terminé.


Chapitre 6 :

Les kilos recalcitrants 

Eté-Automne-Hiver 2017 : La perte de motivation

Vous vous en doutez, à la rentrée, c’était pas terminé. (sinon vous auriez eu cet article bien plus tôt !)

J’ai passé un très bel été. Je me suis reposée, j’ai profité, j’ai voyagé.

Pendant plusieurs mois, mon poids n’a pas bougé. Enfin si, il a oscillé. +1/-1. Plusieurs fois, J’imagine que c’est normal de traverser des « paliers » et qu’à certains moments, l’aiguille sur la balance arrête de bouger. Mais ça m’a fait perdre ma motivation. Beaucoup de gens me disaient « non mais attends, tu t’en fous, tu as vu tout ce que tu as perdu déjà ? tu peux être fière ! Et puis c’est normal de garder deux-trois kilos après une grossesse, c’est le cas pour beaucoup de femmes tu sais ! Te prends pas la tête, ces 3-4 kilos ils ne se voient pas !« 

Mais pour le coup, NON. Je veux pas de ces quatre kilos.

À ce stade, je ne savais pas encore comment les perdre.

Mais je savais que la capitulation n’était pas une option.

Je me suis promis de perdre au moins 30 kilos.

J’en ai perdu 26, mon objectif n’est pas atteint. Pas encore.

RENDEZ-VOUS DEMAIN POUR LA SUITE !

 

 

PHOTO NON LIBRE DE DROIT – Ne pas utiliser sans mon autorisation écrite – pour la petite histoire, je l’ai prise en mai 2017 dans ma chambre au Couvent des Minimes en prévision de cet article ! Rigolo, non ? Trop contente de m’être souvenue qu’elle était quelque part !

 


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25 commentaires sur “Le poids d’une vie -1”

  1. Bonsoir, quel article !!!
    Je suis touchée que tu partages cela avec nous.
    Alors il est vrai que je n’ai pas encore d’enfant, et cet article me fait quelque peu peur, moi qui me bats avec mes 10 kilos en trop.
    Je me suis habituée à leur présence, un cran de plus à la ceinture, des pulls une taille haut de dessus, des tops fluides, c’est fou ce que j’ai comme astuces pour ne plus les voir, mais ils sont bien là !!!
    Je me suis fixée comme objectif de les perdre avant cet été, et j’espère y arriver.
    J’essaye de manger équilibré, léger le soir, sortir pendant la pause déjeuner pour marcher … j’essaye.
    En tout cas, je suis fière de toi, de ces 26 kilos que tu as perdus, et je ne doute pas que tu arrives à perdre les derniers.
    Bises

    1. Merci !
      Je n’ai surtout pas envie que cet article ait pour résultat de vous faire craindre une grossesse ! Comme je le dis sur mon article, au final, ces kilos sont bien dérisoires en comparaison du bonheur de devenir maman. Et puis prendre autant que ce que j’ai pris, c’est très rare. Je ne connais personne dans ma situation tu vois !
      En tout cas, merci pour ton message encourageant, je te souhaite aussi d’arriver à atteindre ton objectif pour cet été.
      Bises

  2. Merci pour cet article très courageux…..et rassurant pour moi….Et oui, deux enfants que j aime par dessus tout mais un corps que j ai du mal à retrouver…..Il m a fallu deux ans pour rentrer à nouveaux dans mes vetements d avant grossesse après la naissance de mon ainé, mon deuxième petit homme a 18 mois, je rentre dans mes vetements mais je ne suis pas encore à l aise dedans…..Alors je trouve tres très courageux de ta part de nous raconter tout cela mais personnellement, oui, vraiment je me suis dit que c était pour moi une raison de plus d apprécier ton blog, c était que tu partages avec nous la vraie vie d une jeune maman avec son versant ré appropriation de soi qui n est vraiment pas tout rose….courage pour tout ça !!! Et oui, d un point de vue extérieur, en effet, on ne les voit pas les kilos recalcitrant!!!!! Bonne soirée et merci et Bravo!!!!

    1. Merci à toi !
      J’aime beaucoup ta phrase « je rentre dans mes vêtements mais je ne suis pas encore à l’aise dedans » : elle montre bien le genre de paradoxes auxquels on doit faire face pour se réapproprier notre corps après qu’il ait hébergé une vie. Car si les choses tenaient seulement à un chiffre sur la balance, ce serait bien plus simple.
      Bon week-end.

  3. Bravo pour cet article et d’avoir la force de le publier. Je te suis depuis NY et c’est «drôle» mais je n’aurais jamais cru que tu avais pris tout ce poids, finalement je pense que nous sommes vraiment nos propres ennemies lorsqu’il s’agit d’être objectives sur notre image/celle qu’on renvoie.
    J’ai accouché il y a 6 mois, et j’ai la «chance» d’avoir retrouvé mon poids d’avant (pas taper :-P) mais je sens bien que le corps lui, ne sera plus jamais le même. Finalement, pourquoi n’apprend-on pas à nos filles à s’apprécier telles qu’elles sont au lieu de poursuivre une image? J’espère pouvoir transmettre ça a ma fille.
    Merci pour ce partage et bon courage pour la suite 🙂

    1. Bonjour Sofia,
      merci pour ton message.
      Bon, tu sais, il y a des astuces pour paraître plus mince sur les photos : légère contre-plongée qui allonge les jambes, fesses en arrières pour affiner les cuisses vues de face, coller sa langue au palais pour atténuer un double-menton, etc… Donc c’est sûrement pour ça que vous n’avez pas imaginé que j’avais pris autant.
      Et un grand grand oui pour éduquer nos enfants à s’aimer comme ils sont, j’y travaille aussi pour mon fils 🙂

  4. Wow, quel article Pauline!!!
    Je trouve hyper intéressant que tu nous racontes comment tu as pu vivre ce rapport à ton poids au fil des mois. C’est vrai que quand on pense aux blogueuses, on a tendance à penser qu’elles sont toutes bien dans leurs peaux, et ça fait du bien de sentir que, malgré vos beaux vêtements et le fait que vous soyez, pour la plupart, incroyablement photogéniques, au fond, vous êtes comme nous – les non-blogueuses/non-mannequins!
    Je n’ai certes pas d’enfant (et pas le projet d’en avoir), mais j’ai également pris beaucoup de poids en 18 mois, entre janvier 2016 et juin 2017. Et je suis enfin sur la bonne voie pour les perdre ! J’avais beau ne pas avoir pris autant de poids (forcément, je n’avais pas de petit humain qui grandissait en moi, je n’avais aucune excuse valable d’ailleurs !), et du coup pas pour les mêmes raisons que toi, j’en étais vraiment arriver à me répugner quand je me regardais dans le miroir… Et ça fait un bien fou, de recommencer à se regarder avec bienveillance, voire même à s’aimer un petit peu…

    J’ai hâte de lire les deux prochains articles à ce sujet, et je te souhaite bonne route pour arriver à ton « toi idéale » 🙂

  5. <3
    Tu es très touchante quand tu parles de toi, j'aime beaucoup te lire.
    Et puis je comprends bien que ça ne suffise pas de te le dire, mais sincèrement, je te trouve magnifique, je t'ai trouvée belle tout au long de ta grossesse, je t'ai trouvée belle dès ton retour et je te trouve toujours aussi belle maintenant. Ça ne sert probablement à rien de le dire, mais j'espère que ça te fera un petit peu plaisir. 🙂

  6. Cet article est très touchant, et je te félicite pour ton courage Pauline, car c’est un combat intime dont tu parles, et tu as décidé d’en parler alors que rien ne t’y obligeais. Et c’est courageux de te livrer comme ça, alors un grand bravo ! C’est aussi pour ces articles là que je continue à lire ton blog, les articles confidences, qui me parle vraiment en tant que lectrice.
    L’important c’est de s’aimer soi, d’aimer son corps, plus facile à dire qu’à vivre/ressentir. Alors si vraiment tu as besoin de les perdre ces 3 kilos, tu peux, mais sache que je te trouve très jolie comme cela.
    Merci pour la qualité de tes articles, continue comme ça et longue vie à ton blog, que je lis très régulièrement!
    Bon week-end

    1. Merci Marie, pour être franche, ça fait du bien de vous révéler tout ça, je vous l’avais un peu « caché » et ça me libère d’un vrai poids de vous avoir raconté la vérité sur les coulisses de ces derniers mois…!
      Bon week-end à toi !

  7. Je suis venue sur ton blog (que je connaissais !) Suite à la polémique Instagram d il y a quelques jours…je ne pensais pas tomber sur un article aussi sincère et authentique.ecrire cet article a du te demander énormément de courage !c est un article tellement bénéfique pour de nombreuses lectrices et qui a le rapport à la vraie vie qu avaient les blogs avant que certaines ne les  » professionnalisent ».
    Alors un grand merci pour ce long texte et je te souhaite sincèrement de retrouver l harmonie avec ton corps quel que soit ton poids…et oui heureusement que les grossesses nous aident à avoir une autre relation avec notre corps

  8. Coucou Pauline,
    je te suis maintenant depuis un long moment, je t’avais découvert quand j’avais 15ans et que tu avais remporté un blog award ou un prix comme ça je ne me rappelle plus très bien, mais sache que depuis je n’ai pas cessé de venir sur ton blog et de baver sur tes photos, même si pendant ce temps-là elles ne te plaisaient pas forcément! merci beaucoup d’être toujours franche et sincère, cet article est très émouvant, tu peux être fière de toi. Et très très bien écrit, c’est toujours un plaisir de te lire. D’autant que je connais aussi ces problèmes d’images et de représentation de soi, que j’essaie progressivement de reconquérir à force de body positive!
    J’en profite pour te dire merci, de rester « normale » et simple, tu m’as beaucoup inspirée que ce soit en termes de maquillage (je suis folle du rouge à lèvres maintenant), de mode ou de voyages et d’aventures (erasmus jusqu’à la fin du mois puis envie de faire un master à l’étranger), tu m’as vraiment donnée envie de découvrir d’autres horizons et montré qu’il est possible de se sentir à la maison partout!
    Bref la fin du commentaire est un peu hors-sujet mais l’occasion s’est présentée! bon courage à toi pour le programme WW, tu tiens le bon bout!

  9. Chère Pauline,

    Merci. Merci d’avoir partagé ton histoire avec ton corps et ton estime de celui-ci. Rares sont les femmes, blogueuses ou non, pourvues d’une certaine visibilité et d’une influence certaine qui choisissent de parler en toute sincérité sur ce rapport si complexe que nous entretenons avec notre corps même lorsqu’il correspond aux critères de beauté dominants et imposés.

    Je me reconnais dans des parties de ton récit et je suis persuadée que je ne serai pas là seule. Ce qui fut mon déclic personnel, c’est le livre « Maigrir sans régime » du Dr. Zermati. Il m’a tout simplement réappris à écouter mes sensations et à leur faire confiance. Depuis, je mange de tout sans excès tout en privilégiant les aliments non transformés (légumes, fruits, céréales, féculents, protéines animales et végétales, etc…) que je prends plaisir à cuisiner moi-même le plus souvent. Je n’ai aucune interdiction, je ne culpabilise plus et mon cerveau est assez intelligent pour ne pas réclamer des tartines de Nutella après un bon burger frites!

    Je fais du sport mais des activités qui me plaisent (danse, natation et course à pied) 2 fois par semaine (voire 3 quand j’ai le temps et la motivation) sans pression mais pour le plaisir d’avoir un moment à moi où je me vide l’esprit, me défoule, me détend; pas pour maigrir.

    Bref, mon rééquilibrage alimentaire a porté ses fruits et je souhaite que le tien apaise ta relation à l’alimentation et à ton corps. Personnellement, je t’ai toujours trouvé rayonnante car bien que tu ais eu le sentiment de perdre ta silhouette et malgré les moments compliqués que tu as traversé, les qualités humaines qui semblent être les tiennes ont continué de transparaitre travers de ta plume et de ton sourire.

  10. Bonjour Pauline,
    Merci merci merci pour cet article vrai et sincère ! C’est incroyablement libérateur de lire cela pour moi !
    J’ai un petit garçon qui aura un an bientôt, et, j’ai pris 13kgs pendant ma grossesse – donc plus que les 1kg par mois normalement indiqués mais ça semblait raisonnable pour ma gynéco donc je me disais que tout allait bien – et de fait, notamment à force de voir ces jeunes mamans sur IG (les fameuses MILK n’est ce pas …) qui ont l’air d’avoir des abdos en béton seulement une semaine après accouchement je me disais bon ça va aller pour moi, je suis jeune, sportive, je n’ai pas pris trop de poids .. je vais perdre ea-sy … ouais ouais …
    Je n’oublierai jamais le lendemain de l’accouchement, la première fois que je me suis regardée dans la glace et que je me suis vue, sans mon bébé dans mon ventre donc, mais avec un bidou de femme enceinte de 7 mois j’etais – comme tu le décris si bien dans ton article – dans une joie sans borne : mon baby tant attendu depuis 9mois était enfin la avec moi, j’etais comblée d’amour, et en même temps j’etais paumée : je n’avais plus mon corps, mes seins étaient juste énormes alors qu’ils ont toujours été plutôt petits, je ne savais plus quelle taille mettre que ce soit pour le ventre ou la poitrine plus rien ne m’allait, je n’etais plus une fille mais une mère, je n’ai pris la mesure que quelques semaines après du bouleversement que cela a été – même si encore une fois c’est un si grand bonheur de devenir maman que cela surpasse tout le reste ! Pour autant c’est quand même un moment très bizarre.
    J’ai rapidement perdu, mais encore aujourd’hui je garde des traces de tout cela : des vergetures de partout alors que je me suis tartinée de crème et autres huiles pendant toute ma grossesse deux à trois fois par jour, globalement un corps un peu flasque, des seins qui ont repris leur taille initiale mais sont moins fermes et n’ont rien à voir avec ce qu’ils étaient avant …
    Pas facile de se regarder dans le miroir sans se dire mais zut je ne suis pas capable de retrouver mon corps d’avant !
    Et puis finalement la solution est venue de mon compagnon, qui était si fier de moi, qui m’avait regardée avec tellement d’admirarion et d’amour pendant l’accouchement, qui était tout aussi épaté de me voir allaiter notre petit garçon, qui trouvait que j’etais merveilleuse et que ce corps certes un peu différent de ce qu’il était avant, il avait porté la vie et pour cela il était le plus beau du monde !
    Alors maintenant quand je me regarde dans la glace et que je touche mon ventre un peu flasque, je me dis que dans ce ventre il y a eu mon bébé et cela me suffit à m’aimer plus que jamais <3

  11. Bonjour Pauline,

    Tout d’abord merci pour cet article hyper sincère et bien écrit.
    J’ai découvert ton blog et toi bien entendu à la fin de ta grossesse et je t’ai tout de suite trouvée magnifique!!!
    Je t’ai aussi trouvée très joli après, notamment dans tes articles tels que « Mum jeans ». Oui tu ne correspondais pas au stéréotypes des nanas qui sortent de la maternité avec le ventre tout plat et c’est aussi ça qui m’a plus. Car cette diversité de corps était vraiment rafraîchissante. J’avais d’ailleurs craqué sur la chemise Sezane que tu portes dans cet article car j’aimais beaucoup le rendu sur toi!

    J’ai également eu deux petits garçons à 2 ans d’intervalle et je comprends parfaitement ce que tu veux dire, quand tu dis que tu ne te reconnaissais pas. En tout cas à mes yeux tu n’as jamais cessée d’être sublime et j’attends toujours avec impatience tes articles. Merci en tout cas d’avoir partagé tes ressentis face aux kilos en trop dû à la grossesse car je crois que beaucoup se reconnaisent dans ton article (moi y compris).

    Je te souhaite bon courage pour la suite, je suis sure que tu feras la peau à ces 3-4 kilos qui veulent s’accrocher à toi .

    A très bientôt !!!

  12. Moi ce qui me fait mal dans cet article, c’est que je fais un bon 42 et toutes ces personnes qui s’horrifient face à cette taille et bien ça fait mal tout simplement…
    MAIS je sais évidemment que ce n’était pas ton intention, que le fond de cette article c’est que tu n’arrivais tout simplement plus à te reconnaître dans ton nouveau corps, que le message va au delà d’une taille de vêtement ou d’un poids … Mais je voulais quand même le dire, parce que ça fou un petit coup au moral !
    Je tiens juste à te dire que je te suis depuis un bon moment et que tes looks t. 40/ 42 ont certainement fait du bien aux filles comme moi, qui peuvent se reconnaître dedans 😉 alors non tu ne peux pas avoir honte de ces posts, tu es et était très jolie 🙂 !

    1. Bien sûr que non, ce n’est pas mon intention, et je suis désolée car je ne veux absolument blesser personne. Vraiment. Toutes mes excuses Marie ♥
      L’idée, c’est avant tout d’apprendre à se sentir belle, à se sentir bien.
      Aujourd’hui, contrairement à quand j’étais ado et que je voulais ressembler aux mannequins brindilles des 90’s, je trouve beaucoup plus jolies des filles comme Alicia Keys (quelle beauté et quel naturel !) ou Ashley Graham, comparées par exemple à Kendall Jenner.
      Je veux retrouver mon 38-40, je ne vise pas un 34-36 MAIS SURTOUT je veux me sentir bien.
      Car même si ça parait bateau, je sais bien qu’une femme épanouie qui fait du 44 et qui est bien dans son slim dégagera toujours plus de charme qu’une femme frustrée dans son 36.
      Je n’y arrive pas avec ces kilos en trop depuis plus de 2 ans, alors je dois prendre les choses en main.
      En tout cas, j’espère que mes looks continueront à t’inspirer même si je finis par réussir à retrouver mon 38 🙂
      Merci pour ton commentaire et tes gentils compliments malgré tout.

  13. Merci pour cet article criant de vérité. Merci d’être une fille normale, et pas une blogueuse qui retrouve des abdos (WTF) en une semaine après avoir donné la vie. J’ai apprécié la manière dont Emilie TheBrunette avait abordé la chose, mais clairement c’est en toi que je me reconnais le plus. Prendre beaucoup trop de poids pendant sa grossesse, ça arrive. En décembre 2015, j’ai accouché d’un adorable petit garçon., qui illumine ma vie depuis. Je suis tellement heureuse!! J’en oublie souvent à quel point j’ai pris du poids. +25kgs… et sans diabète gestationnel. J’ai reperdu 19 en 3 mois, puis repris 5 après la fin de l’allaitement…et depuis je fais des efforts, je perds, je reprends…. et je fait toujours entre 7 et 10kgs de plus qu’avant. Je ne rentre plus dans mes anciens vêtements, je ne me reconnais plus dans le miroir. C’est moi contre moi car en vrai tout le monde s’en fiche de mon poids. Juste que moi, je n’ai pas l’impression d’être moi. J’ai repris les choses en main avant noël en allant voir une nutritionniste, et je vois un peu les effets actuellement. Déjà 4kgs envolés. Encore 5 kgs. J’ai envie d’y croire! On y est presque Pauline!! Courage!!!!
    PS: « THIS BODY MADE A HUMAN » 😉

  14. Tu es aussi jolie à l’extérieur qu’à l’intérieur. Et pendant toutes ces étapes que tu as traversées ces deux dernières années. Ton témoignage est très courageux, utile et touchant.

  15. Merci Pauline de t’être livré à nous !
    Cela fait du bien 🙂
    Je suis passée par 2 grossesses et je me reconnais beaucoup dans ton récit même si je fais partie des chanceuses qui ont pris « seulement » 14 kilos.
    Mais 2 grossesses en 2 ans ça laisse des traces et j’ai parfois du mal à accepter mon ventre mou.
    Heureusement que on a nos petits anges ^^
    Bravo pour ta démarche, j’espère que tu te sentiras bientôt bien dans tes baskets !

  16. Hello Pauline
    Je suis maman depuis 2mois et une dizaine de jours et je me reconnais tellement dans ton article. Je suis justement en phase de stagnation. J’ai pris 20 kg pendant ma grossesse et étonnamment j’ai perdu 12 kg en qques semaines apres l’accouchement. Je me suis vite dit cool ca va vite. Et puis les fêtes sont passées par là et hop 2 kg en plus et là plus rien… et je me traîne mes jeans de grossesse où je choppe des robes qui me camoufle un peu. Difficile de se faire plaisir, mais bon il y a toujours le shopping chaussures pour se réconforter! J’ai retrouvé ma pointure d’avant en accouchant, ouf! Et je te confirme que les marques qui t’annoncent un 40 cest plutôt du 38,etc…
    En tout cas ca fait du bien de ne pas se sentir seule et bravo pour toutes ces confidences!
    Jai un petit garçon aussi et je découvre l’amour d’être maman c’est incroyable! Je me suis pas mal inspirée de tes looks de grossesse et je dois te dire que j’ai trouvé hyper courageux de ta part de poster des looks post grossesse très rapidement après ton accouchement.
    J’ai hâte de rentrer dans mes anciennes fringues c’est sur mais quand je prends mon fils dans les bras ca te fait oublier ton bidon ou tes hanches encore trop larges!
    Mais bon ton article est hyper encourageant et merci de partager ton expérience.
    Hâte de lire la suite!

  17. Bonjour Pauline,

    Tres bel article ! je me suis tellement reconnue dans tous les mots mechants que j’emploie contre moi alors que je serai incapable de les utiliser contre qqun d’autre … tu as du entendre parler de la blogueuse Elykilleuse et du BO PO (Body Positive) . il s’agit avant tout d’etre bien dans son corps pour soi et non pour les autres (aaah le regard des autres).
    Je pense que remettre en question notre alimentation fait aussi partie de l’air du temps, pendant des annees (nos parents et grands parents) ont suivi les industries et on se rend compte que tout n’est pas rose .. se re-approprier son alimentation et son corps vont souvent de paires … bon courage et surtout dis toi que tu n’es jamais seule, tu as vraiment su creer une communaute autour de toi et pour toi 🙂

    Excellente journee,

  18. Tu as un sacré courage d’écrire tout ça ! c’est un peu l’envers du décor de la maternité!! Et oui on s’oublie avec un bébé ou avec les bébés ! ça a été mon cas pr le second (perte de 25 kgs après les 20 de la grossesse) : plus le tps de manger, trop de trucs à faire … résultat : moins de kilos mais tt est flasque ….et ne parlons pas des seins qui tout moches. on ne sait plus quelle taille on fait ni comment on s’appelle. bravo pr l’allaitement, moi je ne voulais pas, mais j’admire celles qui s’engagent ds ce don de soi. bisous et bon courage, mais laisses toi un peu de tps encore, stop la pression pr les derniers kgs.

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